Lucien Guérinel .

Né à Grasse le 16 août 1930, il apprend la musique par des approches personnelles. Après avoir passé son enfance en Tunisie où il étudie le piano en dehors de tout enseignement public il commence à composer en 1945, poussé par ses seuls rêves d’adolescent.

Il suit des études universitaires à Marseille, qui ne l’éloignent ni du piano ni des essais de composition. Il va à Paris en 1954 ; il y reçoit les conseils du chef d’orchestre André Jouve, puis du compositeur Louis Saguer, se liant d’amitié avec l’un comme avec l’autre. Il retourne à Marseille en 1962, à la suite d’une maladie. Il y vivra jusqu’en 2002, pour se fixer ensuite en Bourgogne.

C’est en 1968 que, grâce à sa rencontre avec le directeur de l’Ensemble Instrumental de Provence, Clément Zaffini, sa musique trouve pour la première fois une relation publique. Il se fait connaître peu à peu des milieux musicaux de la région provençale et le C.N.R. de Marseille, à l’occasion de son centenaire, lui demande d’écrire un opéra (Le Mariage forcé de Molière) en 1972.

Son catalogue atteint en 2013  cent trente numéros. Environ un tiers de ses œuvres est consacré à la voix.

Il obtient le 2nd  prix du Concours de composition pour quatuor à cordes de la Fondation Philip Morris à Paris en 1983 pour son 2nd Quatuor « Strophe 21 ». Il est finaliste à deux reprises du Rendez-Vous International du Piano en Creuse, en 1990 pour « Chants, Espaces » pour 2 pianos, en 1994 pour « Songe, Mouvement » pour un piano.

Il reçoit des commandes d’Etat pour « Quatre préludes pour petit ensemble » (pédagogique), « Col canto » pour orchestre, « feux de rêve » pour accordéon ; des commandes privées pour « Fragmentaires » pour quatuor de clarinettes par le Quatuor de clarinettes de Paris, « Coorespondances III » pour violon et 14 cordes par l’Ensemble Orchestral de Marseille, « 24 préludes pour Nolde » par le Groupe de Musique Expérimentale de Marseille, « Prendre corps » pour 2 voix et quatuor à cordes par la Petite Compagnie, « Eros de Swinburne » par le Nouvel Ensemble Contemporain de Rouen, « Naissance de l’aube » pour baryton, 6voix de femme et nonette à vent par Résonance Contemporaine et Amitiés Franco-Genevoises, « Vêpres » pour orgue par la Cathédrale de Marseille, « Les sept portes » pour chœur et orchestre par les Polyphonies Chorales en Pays d’Aix, « Les yeux de l’amour et du hasard » par le CNIPAL, « Tu ris avec le vent » cycle de mélodies par la Ville d’Elancourt, « Petite musique de jour » pour cor et orchestre par les Amis du Cor d’Avignon, « Quatre chants pour un Visage » par Musicatreize, « Avec l’heure pure » pour chœur et orchestre, par le Festival d’Ambronnay, « Trio n°2 » par Art,Tradition et Culture à Saint-Paul, « en un jardin secret » pour 2 pianos et 12 voix par Musicatreize, « autre chose que le jour » par l’Institut des Instruments à vent Français, « Rives effleurées » par l’Ensemble Philidor, « le déjeuner de Soleil » par les Percussionnistes de l’Opéra-Bastille, « Shitao » pour mezzo et orchestre par Radio-France, « Tout s’achève tout commence », mélodie avec piano par le Concours de chant « les Symphonies d’Automne à Mâcon », « Espaces d’ombre » pour flûte et  accordéon par le duo Sequenza, « Le baiser de la mésange » par l’Association Planète Musique, « Dix vignettes pour un petit monde » par le Miniature Ensemble de New-York, « Médiatissées par le Concours Henri Tomasi, « Intermittences d’automne » pour flûte et trio à cordes par l’Ensemble Hélios.

A deux reprises il est invité par le Théâtre Gyptis (Marseille) à écrire des musiques de scène pour le Cycle Thébain (Œdipe et Antigone)qui attirera 12000 spectateurs en 33 représentations et 2 autres représentations au théâtre d’Epidaure ; puis pour Hécube d’Euripide qui ira aussi au Théâtre National de Valenciennes. Ces musiques de scène ont la particularité de ne pas se présenter comme « numéros » intercalés entre des scènes mais comme un musique inscrite à travers le texte.

De 1983 à 2000 il a collaboré au quotidien Le Méridional puis La Provence comme critique musical.

Œuvres données dans 17 pays étrangers (Angleterre, Allemagne, Belgique, Italie, Hollande, Suisse, Croatie, République Tchèque, Lituanie, Finlande, Russie, Pologne, USA, Australie, Chine, Algérie, Irlande).

Pour la  télévision, la musique de La prison sur la mer sur un roman de Nicole Ciravegna (FR3) en 1982 et pour le cinéma la musique pour quatuor à cordes du court-métrage de Pascale Boullet « Requiem » en 1999.

8 disques monographiques et 5 disques collectifs ont été réalisés entre 1983 et 2015. L’enregistrement d’œuvres vocales (Lyrinx) par Musicatreize, dir. Roland Hayrabedian, a obtenu un « choc » du  Monde de la musique, un « disque de l’année » aux Editions Marabout, ses interprètes étant eux-mêmes nominés aux " Victoires de la Musique" 1997.

Lucien Guérinel a publié trois recueils de poèmesLa parole échouée (1969) et «La sentence nue (1972) chez Guy Chambelland (Paris) et Acte de présence (1997) aux Ateliers Populaires de Paris (lithographies de Jean Pons). Egalement, en collaboration avec le photographe Philippe le Bihan, Nuptiales (autoédition) en 2005 et Un pas de plus (SivanaEditoriale, Milan) en 2012.